L’histoire
Au contraire de bien des villages qui, pour des raisons historiques ou géographiques, vivent ramassés au pied de leur église, Pouilley-Français prend ses aises. Il éparpille ses maisons dans une campagne largement ouverte, au relief doux avec une altitude moyenne de 281 mètres, dégage une large place autour de l'église et multiplie sans plan le nombre de ses rues. L'artère qui traverse le nord de la localité est très longue, rectiligne, elle relie les deux édifices publics, l'église et la Maison Commune qui s'élèvent à ses extrémités, face à face, mais curieusement éloignées. Bien qu'une autoroute, une route nationale, un gazoduc et une voie de chemin de fer passent sur son territoire, la commune sait se tenir à distance et conserver son caractère. On y trouve beaucoup
de maisons anciennes, ainsi qu'en témoignent les millésimes des linteaux de portes particulièrement nombreux, 1613, 1625 pour les plus anciens, les autres du XVIII e siècle, accompagnés d'invocations et de noms de familles.
Pouilley-Français a fait partie de la seigneurie de Corcondray, puis de la baronnie de Corcondray. L’origine de son nom peut venir de la racine latine Pol, qui veut dire marécage, de Pauliacum ou de Paulinacum signifiant Domaine de Paulius ou Paulinius. Pouilley-Français n'entre dans l'histoire proprement dite qu'au XIIIe siècle, quand elle est
mentionnée pour la première fois en 1226, dans les archives du chapitre de la cathédrale Saint-Jean de Besançon, puis en 1251 dans les archives de la Côte d'Or, où Jean, sire de Montferrand rend hommage à Hugues, duc de Bourgogne, pour vingt livrées de terre à Pouilley-Français. Le nom de Français dont se compose le nom du village apparaît donc dès le XIIIe siècle : village peuplé de Français, venus de l’autre côté de la Saône, supposition de l’établissement sur place de colons étrangers, de Français, dont le souvenir se perpétuerait ainsi. Certains veulent y voir la trace d’un affranchissement des habitants du lieu, qui, pour distinguer Pouilley de l’autre, auraient fait état de sa qualité de franc.
Le nom des habitants
Les habitants de Pouilley-Français s’appellent aujourd’hui les Francs-Pouillais et les Francs-Pouillaises. Le conseil municipal retient ce nom, après une consultation de la population. Il l'approuve dans une délibération en date du vendredi 6 septembre 2002.
L’église
L’église, placée sous le vocable de l’Assomption de la Vierge, est construite dans les années 1838-1841 selon les plans de l’architecte Alphonse Philibert. C’est un bâtiment sobre de style néoclassique, avec une grande nef plafonnée, de plan barlong et des murs ornés de pilastres doriques. Elle comporte un clocher-porche rectangulaire coiffé d’un clocher pyramidal, dont la couverture est refaite en 1959. Au XIXe siècle, les comptes rendus des visites pastorales de l'archevêque signalent que l'église de Pouilley-Français possède de très beaux bancs, installés en 1851, toujours visibles aujourd'hui, et une statue ancienne en bois de Notre-Dame, en grande dévotion. Les vitraux sont remarquables, cependant on ne trouve aucun écrit les concernant, sinon qu’ils sont restaurés, à l’identique, en 1989.
L'Eglise vue de l'intérieure en 1950

La cloche
La cloche de la chapelle, qui est bénite le 11 avril 1777, installée dans la nouvelle église en 1841, est refondue en 1888. Celle-ci est cassée, et ne peut plus remplir son rôle de signal pour les accidents. Elle comporte, gravées, les inscriptions suivantes : J’ai été bénite par Monsieur Joseph Escoffet, curé de la paroisse de Pouilley-Français. J’ai pour parrain, Monsieur Antoine Léon Grosjean, curé de Chouvigny, et pour marraine, Mademoiselle Claude Marie Philomène Robert. Je me nomme Léonie- Philomène.
La Vierge
Il y a environ deux cents ans, un cultivateur possède une pâture où il y a une source. L'eau limpide sert à abreuver le bétail. Les paysannes vont chercher de cette eau le plus souvent possible pour leur consommation car, très légère, elle a des vertus médicinales miraculeuses. Le manège des bêtes intrigue le propriétaire du pré, car pour aller boire, elles font un écart. Elles ne foulent jamais le sol autour d'un cercle imaginaire où elles ne rentrent pas. Le cultivateur, curieux, veut savoir pourquoi ses bêtes ont un tel comportement. Un jour, il se met à creuser le sol et entend un bruit creux sous la pioche. Il découvre une Vierge tenant l'Enfant sur ses genoux et l'allaitant. Cette Vierge, en bois marouflé, polychrome, date du XVe siècle. Selon toute vraisemblance, la statue proviendrait peut-être du prieuré des Augustins qui se situe au XII e siècle sur la crête de Dannemarie.
Le puits devant l’église
Le puits est réparé en 1855 et 1856, suivant les plans de l’architecte Victor Bailly. En 1871, le boulanger du pays commet des imprudences et précipite un Allemand au fond de ce puits. Il est fusillé. Le prêtre desservant et le maire sont emmenés en otages à Saint-Vit, pour être présentés devant un général, libérés contre une rançon de 3 000 francs. Trois maisons du village sont brûlées en représailles. Le 10 mai 1891, la commune est appelée à satisfaire en 1893 à un remboursement d’une somme de 3 000 francs, dette que la commune contracte pour le rachat d’otages pris par l’ennemi en 1871. Les ressources de la commune sont restreintes, le conseil municipal crée les ressources nécessaires au paiement de cette somme dont les intérêts obèrent la commune depuis un grand nombre d’années, en demandant la vente d’une coupe extraordinaire, et son choix s’arrête sur des coupons, ayant en 1892, trente-deux, trente, vingt-neuf et vingt-huit ans d’âge.
Le puits de l'église 1930

La mairie
La mairie, l’école et deux logements communaux occupent la maison commune dès la fin de sa construction en 1842-1847. L’architecte Alphonse Philibert en dresse les plans et devis le 25 avril 1841. L’adjudication est donnée au sieur Alexis Clerc de Besançon pour un montant de 7 300 francs. Le 23 octobre 1922, le conseil municipal prend l’engagement financier pour une durée de quinze ans de créer un service de secours contre l'incendie. C’est ainsi que 1er juin 1926, le problème urgent du remisage de la pompe à incendie se pose. Une partie du sous-sol de la
maison commune sera alors d'aménager.
La mairie 1930

Le monument aux morts 1922

L’école
En 1760, Pouilley-Français a déjà un instituteur. Charles Colombot, architecte à Besançon visite la commune et propose la construction d’un logement pour le maître d’école. L’école est installée dans la maison commune depuis 1844, elle comprend deux classes, une classe de filles et une classe de garçons. Le 25 octobre 1887, les effectifs scolaires diminuant, le Préfet invite le conseil municipal à délibérer sur le maintien d’une école facultative de filles dans la commune ou sur la réunion de l’école de filles à l’école de garçons. La réunion de l’école de filles à l’école des garçons est acceptée, à la condition que l’école mixte qui en résultera soit dirigée par un instituteur. L'école est transférée en avril 1995, au centre du village, dans un bâtiment neuf, attenant à la salle des fêtes.

Le cimetière
Le cimetière situé sur la route qui mène à Dannemarie-sur-Crête est déjà au même endroit en 1834. Depuis le 13 janvier 1834, la population demande à plusieurs reprises son agrandissement. Il ne sera accordé qu'en 1910. Le cimetière est ensuite agrandi une nouvelle fois le 6 mai 1931.
L’oratoire
Un oratoire ou petite chapelle, est construit contre le cimetière en 1834. Une statue en bois représentant une Vierge noire est à l’intérieur. L’oratoire est aujourd’hui aménagé en columbarium.
Les fontaines
Dans un manuscrit de 1562, il est dit que deux fontaines donnent chacune vingt litres d’eau à la minute. Il y a aussi sur la commune deux abreuvoirs, ainsi que cinquante puits ou citernes. En 1760, Charles Colombot, architecte à Besançon, propose le changement de la cuvette de source de la fontaine publique située au bas du village, voûtée et couverte de laves à deux versants, dite fontaine du Bas. Les réparations sont faites en maçonnerie avec du sable de la rivière de l’Ognon. Elle est reconstruite en 1838-1840 selon les plans de l’architecte Alphonse Philibert. Cette fontainelavoir est, depuis 1977, transformée, d’abord en atelier communal, puis en ateliers de pasteurisation
et de distillation. L'atelier de pasteurisation existe grâce à la Ville de Besançon qui offre le matériel, à condition que la commune propose un local, ce qu'elle fait en 1992.
La fontaine du bas

La fontaine du Haut située sur la place de la Mairie, a été construite en 1856 sur les plans de l’architecte Victor Baille et couverte en 1921. Elle comporte sous la voûte un emplacement pour une statue votive.
La fontaine du haut

Les fontaines sont autrefois dans les villages une sorte de forum où l'on se retrouve pour parler de la pluie et du beau temps. Les femmes y papotent en battant leurs draps, les manches retroussées jusqu'aux coudes et la taille ceinte d'un grand tablier bleu. Le progrès leur apporte l'eau sur l'évier et la machine à laver, mais les prive de ces relations humaines qui se nouaient pour longtemps au fil de l'eau. Ces fontaines seront sauvées et restaurées en 1979. Ces travaux, réalisés par des bénévoles, ne coûteront à la commune que le prix des matériaux.
La salle des fêtes
En 1980, le comité du club 75 arrête le projet de construction d’un foyer rural. L’élaboration de cette salle mesure 160 m². Le Comité des Fêtes, outre les travaux de terrassement, de fondation et le coulage de la première dalle, se charge de toute la construction grâce à une équipe de bénévoles de tous âges et de tous métiers. A l’époque toutes les réponses aux demandes de subvention sont négatives. La municipalité finance 70 000 francs de travaux, le comité des fêtes, 150 000 francs. La salle des fêtes ou centre d’animation rurale est inaugurée le 11 novembre 1982 en présence de la population et du dernier combattant de la Guerre 1914-1918. Hormis les activités sportives et récréatives, l’une de ses principales utilisations est la restauration scolaire pour les élèves du Regroupement Pédagogique Intercommunal, et maintenant, la Haltegarderie itinérante de la communauté de communes du Val saint-vitois, deux après-midi par semaine. L’arbre qui se trouve sur la place, à droite de celle-ci est l’Arbre de la Liberté, planté le 13 mai 1989 par le maire et le doyen du village, à l’occasion du bicentenaire de la Révolution.
Les habitations
La maison Ducret - 1743 - se trouvait chemin des Bormottes. Elle est aujourd'hui démolie.
